Sikhisme
Le sikhisme, créé à la fin du XVè siècle, par le gourou Nanak est tiré des deux principales religions en Inde, l’Islam et l’hindouisme. Insatisfaits des deux croyances, c’est la synthèse des deux qui a séduit de nombreux adeptes. Les sikhs sont monothéistes et refusent le culte des idoles. Le sikhisme rejette le système des castes qui existe encore en Inde ainsi que les rituels religieux. Les hommes et les femmes sont considérés comme égaux et on prêche la tolérance envers toutes les religions. Ils admettent la réincarnation et le karma mais refusent la possibilité que le cycle prenne fin grace à l’ascétisme. Les lieux de cultes ou "gurdwaras" sont nombreux, plus de 2000 en Inde, beaucoup sont de véritables lieux de pèlerinages, le plus connu étant le Temple d'Or à Amritsar, avec Anandpur et Nankana.
Les croyances de base des sikhs établies par le premier gourou, Nanak Dev, sont les suivantes :
- Il n'existe qu'un seul Dieu.
- Son nom est Vérité.
- Il est le Créateur.
- Il ne connaît pas la peur.
- Il ne connaît pas la haine.
- Il est immortel.
- Il n'a ni commencement ni fin.
- Il existe par lui-même.
Le baptême et le mariage sont ensuite les cérémonies importantes.
A la naissance d'un enfant, un mantra est murmuré à son oreille, et quelques jours plus tard, son prénom est choisi en ouvrant l'Adi Granth, à partir de la première lettre du premier mot de la page de gauche.
- En 1931, des théologiens et des érudits sikhs ont élaboré un code de conduite sur lequel ils se sont entendus, il s'agit du Reht Maryada. L'Akal Takhat, autorité théologique suprême en matière d'enseignement pour les sikhs, a donné son approbation. Il en ressort, en partie, le code de conduite suivant du khalsa :
- Le sikh n'adore que Dieu. Il n'adore pas d'idoles, de déesses ou de statues, il n'adore aucun être humain.
- Le sikh ne croit en aucun autre livre saint que le Sri Guru Granth Sahib.
- Le sikh ne croit ni à la caste, au caractère intouchable, à la magie, aux présages, aux amulettes, à l'astrologie, aux rituels d'apaisement, à la coupe de cheveux cérémoniale, au jeûne, au masque frontal, au fil sacré, aux tombes ni aux rites funèbres traditionnels.
- Les membres du khalsa se distinguent en portant les « cinq K » [voir le code vestimentaire ci-dessous], mais ne doivent pas s'en prendre aux membres des autres religions.
- Les membres du khalsa prient Dieu avant de commencer tout travail en plus des prières habituelles.
- Même si un sikh peut apprendre autant de langues qu'il le désire, il doit apprendre le panjabi et l'enseigner à ses enfants.
- Chaque homme doit ajouter « Singh » à la fin de son nom et chaque femme membre du khalsa ajoute Kaur après son nom. Les membres ne doivent jamais épiler aucune partie de leur corps.
- Les drogues, le tabac et l'alcool sont strictement interdits aux sikhs.
- Les hommes et les femmes membres du khalsa ne perceront ni leurs oreilles ni leur nez et ne doivent avoir absolument aucun lien avec les personnes qui tuent leurs filles. Les femmes sikhes ne portent pas de voile.
- Un sikh doit subvenir à ses besoins au moyen d'un travail honnête et donner généreusement aux pauvres et aux nécessiteux, se souvenant en tout temps que ce qu'il donne, il le donne au gourou.
- Un sikh ne doit pas voler ou parier.
- À l'exception du Kacch et du turban, un membre du khalsa ne doit se plier à aucune restriction vestimentaire, mais ses vêtements doivent être simples et pudiques.
- Lorsqu'un membre du khalsa en rencontre un autre, il le saluera simplement en disant Waheguru Ji Ka Khalsa, Waheguru Ji Ki Fateh (le khalsa appartient à Dieu, la victoire appartient à Dieu).
Lieux de culte
- Le temple sikh est le gurdwara ou « la porte qui mène au gourou ». On retrouve un gurdwara dans toute communauté où le nombre de sikhs est assez élevé. Dans les maisons privées, on peut réserver une pièce ou un endroit comme gurdwara.
- En Amérique du Nord, les temples construits par d'importantes communautés sikhes ressemblent à l'architecture aborigène traditionnelle sikhe, quoique certains sikhs aient converti des églises chrétiennes en temple. Le gurdwara construit selon le modèle traditionnel est doté d'entrées faisant face à toutes les directions. L'étage principal est situé plus bas que le rez-de-chaussée de façon à ce que les fidèles descendent quelques marches pour y entrer afin de commémorer le Temple de Dieu d'Amritsar.
- Le temple est un lieu de culte, mais aussi un centre communautaire. On l'utilise pour le culte, les célébrations de naissance et de mariage et de funérailles. En général, le temple comporte langar, ou service de repas communautaire. Dans les plus grands temples, on trouvera une école, une salle à manger, une bibliothèque, des salles de lecture et des chambres d'amis.
- Le Sri Guru Granth Sahib (livre sacré) est gardé sous une coupole placée dans un endroit central sur une plateforme surélevée. Les fidèles s'assoient sur des tapis (les chaises ne sont pas permises), les hommes d'un côté et les femmes de l'autre, afin d'écouter les lectures et les hymnes. (Nota : Au sein de certaines congrégations sikhes du Canada, des groupes majoritaires ont permis de placer des tables et des chaises dans le gurdwara. D'autres sikhs plus traditionalistes considèrent cela comme un sacrilège ou un signe d'affaiblissement de la foi. Ces différends ont entraîné de graves poursuites juridiques et des actes de violence.)
- Il existe plus de 200 gurdwaras historiques gérés et protégés par une commission spéciale établie selon une loi parlementaire en Inde en tant qu'organisme dirigeant du sikhisme. Le plus célèbre est le Temple de Dieu d'Amritsar, en Inde.
- Les hommes et les femmes doivent se couvrir la tête pour entrer dans le temple. On laisse les chaussures à l'entrée. On peut se laver les mains et les pieds en entrant si des installations sont prévues à cet effet.
- Les temples sikhs sont ouverts à tous.
Pratiques et offices religieux
- Les temples sikhs sont ouverts toute la journée pour le culte et d'autres activités.
- Au Canada, en général, les réunions de groupe pour l'office de culte ont lieu la fin de semaine. En Inde, on célèbre deux offices par jour au temple.
- Les fidèles s'assoient sur des planchers recouverts de tapis afin d'écouter les lectures et la musique et pour chanter.
- Bien qu'il n'y ait pas de prêtre au sein du sikhisme, les temples peuvent embaucher des concierges pour lire les textes sacrés.
- Les jours de festival, la lecture de textes sacrés est faite de façon continuelle et peut durer jusqu'à 48 heures.
- Les lectures, la discussion et le kirtan (chant des hymnes ou « chant des louanges de Dieu ») sont suivis d'une prière de supplication (Ardas) et de la lecture d'un hymne final (Hukam). Après la dernière lecture, on procède à la distribution du karah prasad, un aliment consacré fait de farine, de beurre clarifié et de sucre. Le service de repas communautaire est ouvert les jours de service de culte et pendant les périodes de festival.
Organisation et gestion du clergé
- La profession de prêtre n'existe pas dans le sikhisme.
- Le Sri Guru Granth Sahib (livre sacré) est le seul prêtre ou gourou des sikhs.
- Tout sikh a le droit de lire les textes sacrés et de chanter le kirtan. Les femmes jouent un rôle égal à celui des hommes.
- Chaque temple a un Sangat, un conseil d'administration formé de saints hommes, qui dirige les affaires du temple. Les membres du conseil sont élus par la congrégation. Les femmes n'y participent généralement pas.
- Le sikhisme comprend cinq trônes d'autorité (takhats), chacun exerçant une autorité en matière de doctrine dans son propre domaine et recommandant des châtiments pour des infractions de nature religieuse. Les dirigeants élus sont appelés jathedars. Les takhats sont considérés comme des lieux de pèlerinage représentant des scènes d'événements historiques et comme les gardiens des reliques des gourous.
- Akal Takha (Trône du Dieu éternel) : à Amritsar, au Panjab, en Inde, soit le plus ancien et le plus important, fondé en 1609.
- Takhat Sri Patna Sahib : la résidence de deux des gourous, le premier en 1665.
- Takhat Sri Kesgarh Sahib : à Anadpur, en Inde; fondé en 1665, il fut le siège de la fondation du khalsa en 1699.
- Takhat Sri Huzur Sahib : à Nander, dans l'État de Mahrashtra, en Inde.
- Takhat Damdama Sahib : le dixième gourou a compilé la version officielle du Adi Granth (livre sacré) à cet endroit, en 1706.
Propagation de la foi
- Tous les sikhs doivent enseigner le sikhisme au monde.
Code vestimentaire
- Bien que le port des cinq emblèmes du khalsa (les cinq « K ») ne soit pas mentionné dans les doctrines, il s'agit d'un code vestimentaire religieux obligatoire dont l'histoire et les origines remontent aux premiers temps du sikhisme. Ils sont portés par les hommes qui ont été baptisés et qui se considèrent membres du khalsa :
- Keshi ou kesh (poils) : Pour faire partie du khalsa, les poils et les cheveux ne doivent pas être coupés, il s'agit d'un symbole signifiant que le khalsa est en harmonie avec Dieu en refusant d'enlever une partie du corps que Dieu lui a donné. C'est le « K » le plus important. Un khalsa qui coupe ses cheveux est considéré comme un renégat.
- Kangha (peigne) : ce peigne fait de bois porté dans les cheveux est un élément essentiel de propreté et de toilette.
- Kachcha : ce sous-vêtement est porté par les soldats.
- Kirpan : traditionnellement, il s'agissait d'un sabre, mais pour le costume moderne, on utilise une dague ou un petit couteau. Il symbolise le courage, l'autonomie et la volonté de défendre le faible et l'opprimé.
- Kara : ce bracelet d'acier porté au bras droit symbolise le fait de s'abstenir de commettre de mauvais actes.
- Le turban pour les hommes et le foulard pour les femmes ont une importance religieuse précisée dans un des cinq K, le kesa, ou poils longs. La coiffure est également un symbole d'honneur, de fierté et d'égalité avec tous les autres.
Code alimentaire
- Les sikhs ne mangent aucune viande d'un animal tué ou préparé selon un certain rituel, y compris la nourriture casher des juifs et hallal des musulmans.
- Les sikhs ne jeûnent pas à des fins religieuses.
- Les sikhs peuvent être végétariens. Tous ne reconnaissent pas cette obligation religieuse.
Code en matière de soins médicaux et de santé
- Toute vie est sacrée. La vie humaine est la forme de vie la plus élevée.
- On permet les transfusions sanguines.
- On n'encourage pas le suicide assisté ni l'euthanasie.
- On n'encourage pas le maintien de la vie d'un patient par des moyens artificiels pour une période prolongée si ce dernier est dans un état végétatif.
- On permet la transplantation d'organe (don et réception).
- On ne permet la technologie de reproduction artificielle que pendant la durée d'un mariage intact entre l'époux et l'épouse.
- On considère acceptable la manipulation génétique si son but est de guérir une maladie.
- On ne conseille pas l'avortement sauf pour des raisons médicales.
- Les enfants mâles ne sont pas circoncis.
- On doit respecter la pudeur des patients.
- On ne doit pas interrompre les prières pour des soins courants.
- On doit respecter l'espace personnel du patient en limitant le toucher à ce qui est nécessaire.
- Les patients voudront peut-être porter les cinq K en tout temps.
- Après avoir enlevé leur coiffe, les patients sikhs voudront peut-être se couvrir la tête avec autre chose comme un petit turban, un foulard ou un bonnet de chirurgien. La coiffe doit être respectée; retirée, celle-ci doit être remise à la famille ou placée avec les articles personnels du patient. Il ne faut pas placer la coiffe avec les chaussures.
- On exigera peut-être que les enfants portent des symboles religieux tels que le kara (bracelet d'acier).
- Les femmes sikhes insisteront peut-être pour couvrir leur corps de plus d'une jaquette d'hôpital. Elles peuvent exiger de porter une jaquette au moment de se soumettre à des examens. Bien que le sikhisme n'interdise pas les traitements pratiqués par un médecin du sexe opposé, il est préférable de fournir au patient un médecin du même sexe.
- Le bain quotidien et l'hygiène personnelle font partie de la vie du sikh, et on devrait lui donner l'occasion d'y voir à moins que cela ne soit pas souhaitable pour des raisons médicales.
- Pour les sikhs, les visites aux malades constituent une pratique culturelle et religieuse.
- En général, les sikhs ne fument pas et ne consomment pas d'alcool, de substances intoxicantes ou de drogues illégales.
(Source des renseignements médicaux : http://www.sikhwomen.com/health/care/protocol.htm#Beliefs — femmes sikhes en ligne)
Décès et incinération
- Les sikhs croient que l'âme est éternelle et soumise à un cycle continu de naissance, de mort et de réincarnation, jusqu'à ce qu'elle soit libérée du cycle mortel et unie de nouveau avec Dieu.
- La famille et les amis d'une personne mourante se rendront à son chevet lorsque cela est possible afin de prier, de la consoler et de se réconforter les uns les autres.
- La pratique du deuil n'est pas encouragée.
- On évite les autopsies, sauf lorsque la loi l'exige.
- Les restes du défunt peuvent être amenés à la résidence familiale ou au salon funéraire pour une veille avant l'incinération.
- On lave le corps et on le revêt de vêtements propres; on revêt le corps des sikhs baptisés des cinq K.
- Après la veille, on emmène les restes au crématorium pour l'incinération, où la famille et les amis sont présents. En Inde, l'incinération serait faite sur un bûcher funèbre.
- Avant les funérailles, on récite des prières pour le salut du défunt. Lorsque cela est possible, le fils aîné ou un autre membre de la famille doit commencer l'incinération comme telle.
- On dispose des cendres en les jetant à la mer ou dans une étendue d'eau. Certaines familles peuvent amener les cendres au pays d'origine du sikh, le Panjab, en Inde.
- Là où l'incinération n'est pas possible, le corps devrait être jeté à la mer ou dans une autre étendue d'eau.
- Après l'incinération, la famille et les amis se réunissent pour la cérémonie du Bhog. En général, on se rassemble au temple afin de prier, de chanter des hymnes et d'assister à la cérémonie du Karah Prasad. La cérémonie comprend également la lecture complète des textes sacrés par la famille, soit dans le temple ou à la maison. La lecture peut durer jusqu'à dix jours.